lundi 14 mai 2018

Balade au Maradero


Samedi 12 mai 2018.
Avec Vero nous avons prévu une sortie spéléo, la météo ne prévoit rien de bien terrible, juste un peu de pluie et une température en baisse mais sous terre cela n'a pas vraiment d'importance. Véro choisi de m'emmener découvrir le Maradéro. 
Parfait, je ne connais pas et je suis curieuse de voir ce trou dont elle m'avait parlé il y a de cela déjà plusieurs mois. 
Véro cultive le mystère et partir avec elle c'est toujours comment dire...peu banal ! Alors ce Maradero, comment est-il ? Obscur, initiatique, habité, avec un brin de magie ? Ou de sorcières dans la salle violette ? Le mystère restera entier jusqu'au jour J. 
La veille Véro me « textote » que le rendez-vous est reculé d'une demi-heure car sa surprise ne sera pas prête à temps ! Bien, 30 minutes de plus au lit mais qu'a-telle encore été chercher ??? J'ai bien pensé à un truc qui se mange, genre gros gâteau sur commande...après tout j'avais déjà testé la « grosse » fleur de thé avec le bouddha bol ! Je me suis vite ravisée, non Véro n'a pas été commander un gâteau pour le mettre dans un kit ou sur une claie de portage.
Et si la surprise était en chair et en os ? Bingo ! Quelle belle surprise ! Un Bubu tout souriant attendait sagement au point de départ de la marche d'approche. Ça m'a fait super plaisir ! Ce fut parti pour une bonne heure de marche, heureusement sans pluie, quelques glissades sur un terrain pentu et mouillé entres feuilles et rochers, et pour ma part une petite chute entre 2 gros troncs d'arbres...on ne s'improvise pas équilibriste ou singe ! 
Bubu en a profité pour nous donner un petit cours de géologie sur le chemin et j'ai retenu « les marnes de Ste Suzanne jaunes par altération ! Les couches inversées.... ». Enfin, après un peu de recherche, le Maradéro pointe le bout de son nez. C'est un puits sombre et effilé qui s'ouvre dans le sol, enveloppé d'une forêt brumeuse et oui ce lieu dégage un peu de magie ou un peu beaucoup de magie (ça c'est une réflexion personnelle). 
Nous plongeons tous les 3 dans le Maradero. Un crapaud, des salamandres, des coléoptères sont affairés à leur petit train-train quotidien, notre visite ne les dérangent guère. 
La salle est grande, jonchée de roches empilées, par ci par là des concrétions émergent du sol ou tombent des plafonds. Un peu de ramping et c'est la salle violette qui apparaît et je confirme : elle est violette, la couleur est magnifique et peu commune. Nous prenons notre temps pour observer et profiter au maximum de ces bons instants. 
Véro se glisse dans une étroiture sans casque et sans baudrier, le passage est très juste. Bubu savoure une pause allongée sur le sol tandis que j'examine cette étroiture et je me dis qu'il ne faut pas avoir des fesses de brésilienne pour passer dans un endroit aussi étriqué ! Véro se sera contorsionnée pour arriver de l'autre côté et nous dire que ça vaut le coup !

Un coup d'œil aux cailloux multicolores et aux parois carrelées de dalles violettes, curiosité étonnante de la cavité, et nous voilà partis pour le casse-croûte, que dis-je, le festin ! Véro nous a dressé une table digne des plus grands restaurants avec un sac poubelle en guise de nappe. 
Bubu a servi l'apéro : un bon Bordeaux. Nous avons ensuite fait honneur aux plats : saucisson, jambon cru, tapenade, salades composées, fromage, bananes, crêpes, amandes, chocolat, café et infusion au thym frais. On ne se refuse rien ! 
La pluie nous a accompagnés tout au long de la descente jusqu'aux voitures. Mais peu importe les gouttes d'eau, ce fut une bien belle journée, dans une bien belle cavité et en bien belle compagnie.
Sandrine.




lundi 7 mai 2018

Le trou des Campeurs

Dimanche 6 mai 2018 :
Nous avions découvert le gouffre des Campeurs (PH-63) l'hiver dernier lors d'une prospection dans la neige afin de repérer d'éventuels trous souffleurs. C'était le cas de celui-ci, alors gros comme le poing, mais qui avait fait fondre la neige sur plus d'un mètre de diamètre. Une rapide désobstruction nous avait permis d'ouvrir le sommet d'un puits d'une dizaine de mètres que nous n'avions pu descendre faute de corde.
Dimanche, le soleil est enfin revenu, la neige a quitté les hauteurs de l'Isarce et c'est l'occasion d'aller descendre ce fameux puits (Bubu, Sandrine et Patrick). Après deux heures de montée, nous parvenons à l'entrée qui, contrairement à nos attentes, n'aspire pas beaucoup. Le puits est vite équipé et au bas, un amas de blocs bouche la suite. 

 Le passage étroit à -10 m

La désobstruction n'est pas très facile mais avec les moyens du bord nous parvenons à dégager un étroit passage menant à un ressaut de 4 m suivi d'un joli méandre mais hélas trop étroit pour passer. Le resserrement est ponctuel car derrière on devine un autre ressaut de 2 ou 3 m mais le courant d'air est peu sensible et de toute façon, il faudrait du matériel plus conséquent.

Le P.10 du trou des Campeurs

En sortant du gouffre, nous retrouvons Jean-Claude qui a traversé les crêtes pour trouver des champignons. "Trop tôt" déclare-t-il un peu désabusé. Tant mieux pour nous, car il pourra terminer la journée à rechercher des trous...
Nous profitons d'être sur place pour revoir le PH5, un petit puits donnant sur une courte galerie. Il y a un peu d'air, mais il est probable que celui-ci soit dû à la proximité de la surface à l'extrémité du conduit. Puis nous redescendons le PH20 qui soufflait fort cet hiver. Aujourd'hui, nous peinons à lui trouver un quelconque courant d'air. Pourtant au fond, une minuscule lucarne laisse entrevoir un ressaut de 4 ou 5 m.
C'est un peu déroutant et pour comparer, nous allons revoir les entrées du PH 17 et 18 qui ont la réputation d'être très ventilés. C'est effectivement le cas notamment dans le PH18 (remarqué par erreur PH17). Nul doute, sur ce massif, les courants d'air restent très capricieux mais globalement il faut retenir que tous les "grands trous" présentent des courants d'air marqués et surtout constants. Ce n'est évidemment pas le cas de ceux vus aujourd'hui.
Nous quittons Jean-Claude qui redescend sur St Pé par le chemin des écoliers. Au passage, pour se venger de l'absence de mousserons, il découvre une poignée de beaux trous qui resteront à explorer. De notre côté, nous rejoignons tranquillement la carrière d'Asson.
Patrick

L'entrée du PH-20 (Photo de Jean-Claude)


samedi 5 mai 2018

Sous le pic de Mondragon (64)

Vendredi 04 mai 2018 :
Comme d'habitude, c'est Jean-Claude, notre principal pourvoyeur d'objectifs, qui nous propose d'aller voir quelques cavités en rive gauche de l'Ouzom, à l'extrémité du massif du Jaout (Jean-Claude, Serge, Sandrine et Patrick). Il a beaucoup plu la veille et le sentier qui monte en direction du vallon de la Glacère est emprunté par un ruisselet. Plus haut, le cours d'eau provenant de la source et du canyon de Seguts coule abondamment. Peu après  l'avoir franchi, nous bifurquons dans la pente ébouleuse pour rejoindre une sente assez raide qui remonte au pied des falaises puis qui rejoint le bord du canyon de Seguts. 

Jean-Claude nous indique le porche de l'autre côté du ravin.
C'est ici que Jean-Claude a repéré plusieurs porche, situés de l'autre côté de la gorge. Il s'agit probablement des mêmes que nous avait signalés Mickey et que nous avions vainement recherchés avec Serge quelques années plus tôt. A ce niveau, le canyon est sec ce qui simplifie les choses. Par contre nous devinons une belle sortie d'eau une trentaine de mètres plus bas. 

 Descente dans le canyon

 Petite séance de canyoning, on devine la sortie d'eau
une trentaine de mètres plus bas.

Après quelques manœuvres de cordes nous atteignons les deux porches mais ce ne sont que des abris sous roche sans suite. Dans la foulée, Serge descend voir la résurgence, mais là aussi l'eau sort des éboulis et il n'y a pas grand chose à faire. 
Nous décidons alors de monter d'un cran, c'est à dire au-dessus des falaises pour rejoindre les pentes supérieures du Mondragon où Jean Claude a localisé plusieurs entrées. Pour cela, nous longeons le bas des falaises avant de retrouver un sentier qui nous conduit directement au gouffre de la Glaçère (-145 m). Le premier trou s'ouvre un peu plus haut dans le vallon. Comme il ne figure ni dans Karsteau ni dans la biblio à notre disposition, il est bien difficile de savoir si celui-ci était connu ou non. A défaut, nous le descendons et c'est Sandrine qui s'y jette. C'est un puits de 9 m entièrement bouché. 


Nous continuons ensuite vers l'est pour revoir ce qui doit être le clot dets Ahumats. Au passage, nous visitons une autre cavité bouchée à -4 m. 
L'entrée du clot dets Ahumats est assez spectaculaire même si le gouffre se limite à un modeste puits de 15 m. Serge le revisite et confirme qu'il est complètement colmaté par de la terre, des ossements et branchages, le tout recouvert par des résidus de neige. 

 La spectaculaire entrée du clot dets Ahumats.

 Serge à l'assaut du Grand Puits...15 m quand même....

Nous poursuivons notre remontée en direction du sommet pour aller voir un dernier gouffre. Après quelques errements nous retombons sur l'entrée. C'est à mon tour de descendre mais l'exploration est des plus brèves puisque 5 m plus bas je bute sur un colmatage complet du conduit.


Comme il nous reste un peu de temps, Jean Claude nous propose d'aller voir une dernière petite grotte située dans le vallon de la Glacère, presqu'à la même altitude, histoire de rentabiliser les 850 m de dénivelé que nous avons gravis depuis le matin. En même temps, cela nous permet de traverser tout en prospectant, la grande forêt de hêtres qui couvre le flanc nord du pic de Mondragon. Celle-ci est superbe et la progression est assez aisée malgré la pente localement forte. Malheureusement, pas une entrée à l'horizon, quant à la petite cavité, elle se pince au bout d'à peine 5 m. 

 Une de plus pour Karsteau...

Retour aux voitures par le chemin du vallon de la Glacère. Au bas, les ruisselets ont disparu et le débit des ruisseaux de Seguts a déjà bien diminué.
Jean-Claude et Patrick

jeudi 3 mai 2018

Le Quéou...enfin !


 Quéou quand tu nous tiens... !

Certains ont assisté à mon premier essai en 2013, qui s'est soldé par le verdict suivant : trop d'eau dû à la fonte des neiges.. Puis à ces tentatives avortées début avril. J'y tenais, jusqu'au bout j'ai espéré.. La fête fut réussie maisla sortie au Quéou remise.. encore !
Alors avec Jean, nous sommes restés en contact : le we du 7/8 ? Le temps ne le permet toujours pas. Du 14/15, idem. Du 21/22... le jeudi soir, point sur la météo, la neige a fondu, pas trop de pluies ces derniers jours, ça semble jouable.
Ce n'est pas le moment idéal, la semaine a été intense.. Mais en même temps, c'est maintenant ou dans plus d'un an !!!

Alors on se lève tôt vendredi avant d'aller travailler histoire de tout préparer et à la sortie du boulot, GO !!
Cindy, Jean, Laurent et moi nous retrouvons au monastère. Il fait doux et aucune voiture n'est garée sur le parking : c'est bon signe, histoire d'avoir la cabane de libre !
On monte tranquillement (eh oui, ce n'est pas parce que nous connaissons désormais le chemin par cœur que je peux aller plus vite) et finissons à la frontale.


Petite pause devenue rituelle 10 minutes avant la fin (n'est-ce pas Jean-Claude?!) et nous y voilà !! La cabane est déserte, toujours aussi accueillante !!

Je peine à y croire !!!
Un dodo plus tard, nous y sommes quasiment. Ce n'est plus un rêve ! Laurent nous abandonne pour redescendre faire du vélo et profiter du soleil qui pointe enfin son nez !! Aucun regret pour ma part, je suis aux anges !!


Nous descendons. Le puits fractionné est magnifique. 


Nous enchaînons avec le méandre qui se présente varié (des hauts, des bas, nous nous plions puis nous nous relevons) et donc peu pénible.
Nous mangeons un morceau Salle de la Lebe. Laurent, tes croques-monsieur sont décidément irrésistibles !!
Puis nous repartons. Nous sortons la topo que Jean a consciencieusement amené pour nous repérer. Nous arrivons à une corde : mais il ne faut pas l'utiliser. Soit. Nous faisons demi-tour, cherchons, virons... puis revenons. Jean descend quand même ; hésite. Suivi de Cindy. Puis ils remontent... Nous tournons en rond !! Personne n'a l'idée de regarder la deuxième feuille de topo. Nous nous obstinons. Nous longeons un canyon, c'est très joli. Puis ça s’agrandit : la salle du Mammouth ? Jean reconnaît... parfois. Nous poursuivons. Parfois via des chemins pas très inspirants.. A un moment, nous pensons avoir trouvé la salle du Scroultch.. Mais ça ne scroultch pas beaucoup... Il doit y avoir deux chemins, nous avons dû emprunter celui ne passant pas par la galerie. Pourtant maintenant ça scroultch un max... 


Nous parvenons enfin à la salle à manger puis au siphon. Au moins ça, nous en sommes sûrs !!
Nous revenons. Cette fois, pas de détours !! Pourtant, nous nous mettons à retourner dans tous les sens.. Cindy tranche : on reprend le même chemin, qu'à l'aller, tant pis, il faut rentrer.
Je commence à craindre que Laurent ne déclenche les secours. Je lui ai dit de ne pas s'inquiéter avant 21h mais nous étions si confiants en partant qu'il a peut-être retenu davantage l'horaire optimiste de 18h.. Jean veille sur nous : boissons, en-cas. J'ai besoin de pauses régulières. Ce n'est peut-être pas la sortie la plus adaptée à mon état !!
Lorsqu'il lui semble peu probable que nous nous perdions, à partir de la salle de la Lebe, Jean trace pour sortir au plus vite rassurer Laurent. Je relâche la pression et ralentis. Nous trouvons avec Cindy énormément de cairns. Nous n'avions pas souvenir d'en avoir vu autant à l'aller (et pour cause, Jean nous dira par la suite qu'il avait fort peur que nous nous perdions et donc il a balisé au max le chemin!!). Malgré les cairns, par 2 fois, nous ne prenons pas le bon passage. Cindy passe devant à l’affut des traces ....Nous le jurons : plus jamais nous nous laisserons porter sans chercher à nous repérer. Cindy ne veut pas ramper dans cette étroiture. A l'aller nous n'avons jamais rampé à ce point.. Et pourtant ! C'est le bon chemin. Puis notre délivrance apparaît sous les traits de Jean !! Nous sommes sauvées !! La remontée se fait dans le calme, la fatigue se faisant sentir par moment. Et dire que pour Jean c'est la deuxième fois !! Dehors, Laurent commence à avoir froid à force ! Il est 20h45 lorsque nous sortons. Deux garçons ont allumé un énorme feu aux abords de la cabane. Nous nous réchauffons à leurs côtés et finissons de manger tout ce que nous possédons. Nous leur faisons gentiment remarquer que leur attitude n'est pas très responsable ni respectueuse vu le bois utilisé.
Aucun d'entre nous n'a envie de rester ce soir. Nos lits nous manquent ainsi qu'un complément de repas. Alors nous redescendons à la frontale. L'objectif est d'arriver avant que le Mc Do de Lourdes ne ferme ! Jean nous confirmera par la suite que cet objectif de plus fut atteint !!

Quelles belles 24h !! Et quelle belle sortie !!! Beau challenge !! Le Quéou c'est fait ! Jean pense déjà à y retourner avec des potes. Cindy et moi sommes rassasiées (pour plusieurs mois me concernant !). Et Laurent, pour son 4ème A/R à la cabane en 3 semaines, ne souhaite pas y revenir de si tôt !! Bref, nous sommes heureux !!!
L'histoire ne dit pas si Jean dormit beaucoup cette nuit-là. Il n'empêche que le lendemain, il connaissait la bonne topo par cœur (et non la partie agrandit que nous avons suivi tout le temps et qui nous menait en erreur) et qu'il est formel : nous avons fait le Quéou dans son intégralité !!! Aucun regret à avoir donc, ni de raisons d'y retourner rapidement !!