jeudi 29 mars 2018

Expédition « Rios Patagonicos »

Le voici le tant attendu Compte rendu de l'expédition Rios Patagonicos à laquelle participait l'ami Tot (Thomas Braccini)
Expédition « Rios Patagonicos »
Association Regard Sur l’Aventure
 
Nous sommes le 7 janvier et après un an de préparation, l’heure est enfin venue de partir pour notre expédition canyon en Patagonie chilienne. Nous sommes 15 membres sur le projet mais 5 personnes sont déjà sur place pour préparer l’expédition (location voiture, courses, prise de contacts…).
Après 15h d’avion, nous prenons pied à Santiago du Chili où il fait chaud. Une petite navette nous amène à la gare routière où les copains nous ont réservé un Bus Cama (siège confort qui s’incline) pour Puerto Mont. Nous voyageons donc de nuit et après 8h de bus et 1000km parcouru nous retrouvons les copains… l’ambiance est chaleureuse !
Ils nous ont trouvé une Cabana tout confort pour que l’on puisse préparer notre voyage vers la Patagonie chilienne : courses, matos technique, récupération des véhicules de location, essais drone… nous sommes prêts !
Dès le lendemain, les pickups chargés à bloc, nous partons vers le Sud. Pour l’instant c’est tempête de ciel bleu, nos yeux pétillent à la vue de ces paysages grandioses et ces superbes volcans comme l’Osorno. L’asphalte laisse la place à la piste, nous passons Cochamo, puis prenons pied à Puelo dans un petit camping (chez Ricardo).
Nous ne perdons pas de temps pour réaliser un premier repérage des canyons environnants… Tout en prenant contacts avec les propriétaires pour avoir l’autorisation d’accéder aux canyons, nous découvrons les problématiques de marche d’approche avec une végétation très dense surtout du bambou aux abords des torrents.

Certains canyons sont majeurs (encaissement, niveau d’eau soutenue et verticalité), notamment Bambouback, Escala,  Geologuo… Bien évidemment, nous levons à chaque fois la topographie (que nous mettons au propre) ainsi qu’un compte-rendu et descriptif d’accès accompagnés de la trace GPS. Nous testons également beaucoup de matériels canyon : baudrier Mazerin AV (Aventure Verticale), de nouveaux sacs Résurgence, des sur pantalons ACS (Atelier Combi Spéléo)…
Pour accéder aux canyons, nous marchons souvent entre 2 à 4h en prenant entre 300 à 600m de dénivelé. Les descentes dans ces superbes « barranquismo » chilien se font pour la plupart dans une roche granite mais nous trouvons quelques canyons comme le Rulito dans une roche volcanique.

L’équipe se met doucement en place, avec un collectif très dynamique. Pendant que certains vont faire des courses de ravitaillement, d’autres remettent au propre la topo du canyon ouvert la veille… Nous sommes comme chez nous dans ce camping tenu par Ricardo. Au bout de 8 jours, nous décidons de descendre vers le Sud et c’est « Hornopiren » haut lieu touristique qui sera notre 2ème camp de base

Nous trouvons un mixe entre cabana et camping chez Laura où dès le début notre équipe aura bien fait « déliré » toute la famille au vu de nos capacités à installer rapidement un campement aussi bien bordélique que organisé ! Les canyons environnants sont pour la plupart assez intéressants notamment le Blanco qui nous demande toute notre attention au vu d’un débit très important !
Nous réalisons de superbes images (photos et films) à l’aide de Thierry AUBE qui prend beaucoup de temps pour les traiter.
Une équipe part vers le Sud pour réaliser un repérage… 2 jours après, en prenant quelques bacs (bateaux qui transportent des véhicules et des gens permettant de traverser des bras de l’océan Pacifique) nous les rejoignons à « Chaiten » situé dans la région des lacs. Cette petite ville n’est pas très prometteuse pour nous, alors pour continuer notre périple vers le Sud, nous devons prendre un nouveau « bac » de 7h afin d’éviter une piste de 150km qui a été fermée pour cause d’éboulement. Une fois sur le bateau, la nuit tombe, nous découvrons la salle commune qui ne fait pas trop envie car tout le monde y est entassé. Nous choisissons de dormir sur le « pont », la houle est sévère, c’est chamboulés de droite à gauche que nous passons une nuit agitée mais avec une séquence comique !

Fatigués de notre nuit, l’arrivée sur la terre ferme se fera avec un levé de soleil de toute beauté et quelques dauphins pour nous accueillir. A l’aide de nos véhicules bien adaptés pour ça, nous enchaînons des kilomètres de piste pour installer notre nouveau camp de base à la Junta. La « machine » de Regard Sur l’Aventure se met en marche : installation du camp, prospection, contacts avec les propriétaires… Nous nous rendons bien compte qu’ici il y a beaucoup de canyons à ouvrir mais nos difficultés restent les accès : soit trop loin, soit un lac à traverser (difficile de trouver des canoës à louer)… Nous décidons même de ne pas ouvrir un canyon pourtant à priori magnifique car le propriétaire utilise l’eau pour y fabriquer de la bière artisanale. De ce fait, nous repartirons de chez lui avec quelques caisses de bières…

Nous réalisons quand même quelques belles ouvertures dans un coin qui nous plaît bien ! Nous continuons notre avancé vers le sud essentiellement par des pistes pas toujours de tout repos. La traversée de la réserve nationale « Lago Las Torres » est splendide et c’est au bout d’une bonne journée de voiture que nous arrivons sur Puerto Aisen. Nous savons que pour 5 membres de l’équipe (notamment moi), c’est la dernière halte avant de remonter vers Santiago…

Après avoir traversée celle ville pas plus sympathique que ça, nous prenons place dans un camping assez spacieux au bord d’une rivière. Au repérage, nous nous enfonçons dans cette vallée perdue, très sauvage appelé « Tabo ». Au bout de la piste, nous arrivons sur une ferme où tout de suite des hommes nous accueillent chaleureusement. Ils connaissent bien la montagne environnante car ils ont une structure d’accueil, ils ouvrent des sentiers, emmènent des gens en excursions afin de développer le tourisme… en tout cas, ce lieu nous plaît bien, l’idée de faire notre dernière soirée tous ensemble autour d’un asado prend forme. Ils nous indiquent même 2 cascades à ouvrir tout près d’ici… finalement, un vrai beau canyon aquatique avec un débit soutenu sera ouvert par une équipe.
Ce jour-là, nous repérons le baranquismo del Tronador avec une sa roche rouge et son débit soutenu. Nous voyons bien que c’est un gros morceau, alors nous décidons de mettre en place une stratégie :

JOUR 1, nous partons à 3 équipiers pour ouvrir le bas du canyon histoire de voir à quoi s’attendre, pendant ce temps une équipe part ouvrir une trace de 800m de dénivelé pour accéder au départ du canyon. Le bilan de la journée est : une roche rouge qui glisse à mort, un débit important, un bassin versant énorme avec un lac, même de la neige sur les hauteurs… un canyon majeur mais évidemment engagé !
JOUR 2, histoire d’être chaud, nous ouvrons quelques jolis canyons dans les environs notamment le banranquismo de la Vigen très court mais avec un encaissement certain. Aussi, nous préparons le matos pour l’assaut du lendemain.
JOUR 3, une 1ère équipe de pointe part tôt et une 2ème suit 2h après, dans le but de rejoindre l’équipe 1 et finir l’ouverture ensemble !
Ce jour-là, tout ne se passe pas comme prévu car la météo n’est pas terrible voire pourrie. Nous ne lâchons rien, la trace ouverte par les copains est à l’image du canyon, c’est-à-dire longue et aérienne, mais la pluie s’intensifie ! Une fois sur le plateau, nous découvrons une rivière calme… la verticalité du canyon se fait progressivement, les obstacles deviennent de plus en plus soutenus et on voit bien que le niveau d’eau est plus important que le jour 1 !
 
Avec comme excuse l’économie d’ancrage, j’équipe un obstacle pas du tout confort à passer, ce qui nous fait perdre pas mal de temps ! L’encaissement devient important et après une période d’accalmie, la pluie s’intensifie, ça va mal !!! Nous continuons notre progression mais le temps passe, nous découvrons une cascade de 35m de toute beauté avec ensuite une gorge serrée ! Au vu de l’heure tardive, de la météo qui ne s’arrange pas et la configuration du canyon, il faut se rendre à l’évidence : il nous reste 250m de dénivelé à descendre avant de rejoindre l’échappatoire ouvert jour 1 ! Nous décidons donc de quitter le canyon en équipant une ligne sur une dalle parallèle à cette cascade de 35m.

Une fois en bas, les copains partent ouvrir une trace dans la forêt dense… je reste pour attendre et connecter la 2ème équipe qui est en train de récupérer un kit boule au fond d’une vasque (nous sommes perpétuellement en contact radio avec la 2ème équipe ainsi que notre équipe « sécu resté au gîte). Le retour se fait en mode « sanglier » avec quelques descentes en rappel au milieu de la forêt…
Bien « fracassés » nous rentrons au gîte, tout de même contents de notre journée où ce canyon du Tornador qui veut dire tornade nous auras donné du fil à retordre.

Le lendemain, nous plions le camp pour aller manger un asado (barbecue) à Tabo. Ce soir-là, l’ambiance est au RDV et c’est à une heure tardive accompagné de pas de denses anarchiques que notre expédition s’achève (nous laissons 10 membres de l’expé sur place, ils continuent leurs route vers le sud !).

Au petit matin, nous (5 membres) embrassons toute l’équipe avant de prendre pistes, bacs et bus pour 4 jours en direction de Santiago… Ce pays est fantastique autant d’un point de vue des paysages, des canyons, des autochtones… la météo fut plutôt correcte (sauf pour le dernier canyon) et notre équipe c’est sacrément bien entendue tout au long de notre voyage.
En relation avec la CONAF, structure de l’état chilien gérant les espaces naturels du pays, notre association envisage de participer à un projet de développement touristique.
Nous remercions énormément toutes les personnes qui nous ont aidées et soutenues à réaliser ce projet : amis, familles, fabricants de matériel, structures fédérales…

Pour Regard sur l’Aventure,
Thomas BRACCINI


lundi 26 mars 2018

La traque aux marqueurs de la SAS

L'aventure a débuté au mois de novembre dernier lorsque Christophe, un ami spéléo de longue date,  nous contacte pour un projet scientifique sur la spéléogénèse des cavités pyrénéennes. Professeur à l'université de Dijon il voudrait nous associer à une vaste étude dont le principal objectif serait de mettre en évidence le rôle des eaux profondes riches en CO2 et H2S dans le creusement des cavités du piémont pyrénéen. 
Pour faire simple disons que la plupart des cavités sont formées par l'enfouissement des eaux de surfaces qui érodent et corrodent les roches carbonatées. Cette karstification dite météorique est plutôt bien connue et concerne une grande majorité des cavités que nous parcourons. 
Cependant, certaines grottes ont été formées non pas par des eaux de surface, mais par des fluides venant des profondeurs de la terre et chargés en CO2 et H2S qui au contact d'eaux oxygénées peuvent produire de l'acide sulfurique. Ce dernier est bien plus efficace que les eaux météoriques pour dissoudre le calcaire. Ce phénomène a été mis en évidence dans certaines cavités emblématiques tel le célèbre réseau de Carlsbad Cavern (Nouveau Mexique -USA) et la superbe grotte de Lechuguilla. 

Les spectaculaires formations de gypse dans Lechuguilla cave.
Ce gypse est l'indice n°1 de la présence d'acide sulfurique dans la genèse de la cavité.

On en trouve également en Italie mais aussi en France et notamment en Ardèche et en Savoie avec la grotte Chevalet. 
Donc l'objectif de cette étude est de démontrer que ce phénomène concerne également certaines cavités du versant nord des Pyrénées comme cela semble probable en raison des nombreuses sources chaudes présentes au milieu de ces karsts.

Un indice extérieur favorable, la source "chaude" d'Aygue Tebo à Bagnères.

C'est Dimitri, un "post-doc" rattaché à l'université de Nancy, qui est chargé de conduire les recherches. Après une formation rapide et efficace réalisée par Mathieu (CDS 64) il a commencé à parcourir les cavités du 64 et du 65 à la recherche d'indices pour trouver les fameuses traces d'acide sulfurique. Les plus évidentes étant la présence de gypse, et des morphologies bien particulières, nous avons tenté de l'orienter vers celles que nous connaissions et pour cela Karsteau a été une aide précieuse.

Dimitri en pleine action pour trouver "l'indice"...

Cette semaine nous sommes donc allés à la grotte de la Résistance et à celle du Cadavre (jeudi) puis du côté de Bagnères (vendredi) au Bedat et dans deux autres petites cavités. Les indices étant tellement ténus, il faudra sans doute multiplier les visites et probablement impliquer d'autres traqueurs de marqueurs de la SAS (marqueur de la spéléogenèse à l'acide sulfurique). Dimitri nous communiquera prochainement un petit document permettant d'identifier plus facilement ces indices, mais c'est certain on a pas fini de parler d'acide sulfurique au GSHP. Et si par hasard vous croisez un peu de gypse dans une cavité du nord des Pyrénées (entre Biarritz et Banyuls), n'hésitez pas à nous contacter....

Ces cupules dans la grotte du cadavre pourraient être également un signe de l'action de H2S. 
Les analyses d'échantillons le diront bientôt.


(Participants aux sorties de janvier et mars : Alain, Serge, Marie Claude, Mickey, Christophe, Cedric, Dimitri, Sandrine et Patrick)

Patrick

Humour


Lettre au Président.

Les spéléo (es) GSHP à table ou comment s'amuser en toute discrétion ! (la discrétion c'est de l'humour biensur)




Cher Bubu, Cher Président du GSHP,

Les filles du GSHP sont terribles, j'ai passé une soirée terriblement drôle, heureusement qu'on n'était pas au fond d'un trou !
Je t'écris pas pour me plaindre, j'ai trop rigolé mais il faut quand même que je te raconte un peu...ce qui se passe dans ce club quand on n'est pas sous terre !

C'était vendredi. Nous étions 5 ce soir là à avoir répondu présentes pour une soirée au resto, histoire de partager un bon moment ensemble, loin des mousquetons, des cordes et des plaquettes.
5 femmes et un bébé, tout ce qu'il y a de plus correct, installés confortablement dans des canapés. Le serveur, jeune, sérieux et galant s'est empressé d'offrir un fauteuil à Édith qui trônait en bout de table. Je crois que dès mon arrivée avec Kat, tout a très vite commencé à partir en....grosse partie de rigolade.

Pour ma part, la lumière tamisée aidant et la flème d'aller chercher mes lunettes au fond du sac, je ne déchiffrais pas très bien les écritures de cette carte à pizzas et ainsi j'échappai aux mots « défendus » (le nouveau jeu de Caro mais chutt !!!). Mes yeux me sauvèrent la face jusqu'à l'arrivée du serveur et du coup de coude de Caro « tu commandes ? ». Bien, ce fut parti pour la commande !
Le serveur calepin dans une main, stylo dans l'autre, professionnel, classe...
  • oui, je vais prendre une pizza percofine avec pas trop de fromage.
Le serveur note ou fait mine de noter
  • et sinon comment sont vos boules...de chèvre ?
Tout s'enchaîne, Édith a les yeux collés à la carte lorsqu'elle répond au serveur, qui, toujours très sur de lui, ne glissera pas sur la vaseline qui vient de se rajouter discrètement aux autres ingrédient de sa pizza, ni vu ni connu !
Tout aussi discret, Anaïs qui associe le foie gras aux crevettes, s'est je crois inquiétée de connaître la teneur en piments de sa pizza, avec quelque chose de pipant ou de pipe joliment dit.
Kat semblait perplexe, mais que vais-je choisir ? « je ne sais pas, je ne sais pas......allez, une pizza tantrisme ! ».
Alors là on a touché le fond ! Non, je plaisante, on est mortes de rire et le serveur demeure de marbre, ça c'est un pro qui fait face aux clients !
Édith sert copieusement à boire, je crois qu'elle aime le vin, ça tombe bien, à table une ou 2 bonnes bouteilles sont toujours les bienvenues !
Les pizzas sont magnifiques et délicieuses, les conversations aussi mais là, Cher Bubu, Cher Président du GSHP, j'ose pas aller plus loin et je crois que je vais garder le reste pour moi.

Voilà, Cher Bubu, Cher Président du GSHP, je te remercie de toute l'intérêt que tu porteras à ma lettre et peut être te joindras-tu à nous pour une prochaine soirée (ya aucun risque, on est sages comme des images).

Sandrine.

PS : ah juste une petite chose, chez Anaïs « les queues n'étaient pas décortiquées, (de crevettes biensur) »



Pièce jointe : la photo des filles prise par le serveur, et on dit « Banane ou cheese....et ben non ! On dit S.....(je te laisse deviner »

jeudi 15 mars 2018

Le gouffre d'Estremassides

Jeudi 15 mars 2018 :

Cela faisait un moment que nous attendions l'occasion d'aller voir ce gouffre, trouvé ou retrouvé (1) par notre ami Jean-Claude. Les photos de l'entrée, qu'il avait fait circuler, avaient de quoi alimenter toutes les spéculations : était ce là un nouveau Paybou ? Ce matin, nous sommes donc 5 au départ de l'Arriusec : Jean-Claude, Alain M., Serge, Sandrine et Patrick. Il fait beau et les sujets de discussion ne manquent pas pour occuper le temps durant la longue remontée de la vallée. Peu après la confluence avec le ravin de Moulle nous quittons le sentier pour gagner la croupe des Estramassides. C'est ici que commencent les festivités car 500 m de dénivelé nous séparent du gouffre. C'est raide à souhait mais la forêt est assez ouverte et la progression est régulière.

Il nous faudra quand même 2 h 20 pour parvenir à l'entrée. Celle-ci est superbe et l'arrivée du soleil nous permet d'en profiter pleinement. Nous cassons la croûte vite fait avant de commencer l'exploration.


Le premier puits de 14 m débouche dans un beau conduit creusé dans le pendage. A -22 m, de gros blocs bouchent la galerie mais en se faufilant entre ces derniers, nous parvenons à descendre encore d'une dizaine de mètres jusqu'à des fissures impénétrables (-32 m). Nous fouillons tous les interstices mais rien n'y fait, il n'y a pas de continuation ni de courant d'air d'ailleurs. A défaut, il y a bien des ossements mais à part quelques chiens et une vache rien d'extraordinaire à noter. Nous faisons la topo et quelques photos avant de ressortir en tout début d'après-midi. 


 Au bas du puits d'entrée
Il nous reste du temps aussi nous décidons de poursuivre notre progression en direction de Yerse en restant à niveau. Nous croisons bien quelques beaux affleurements mais aucun trou à l'horizon... Arrivés au fond du vallon, il ne nous reste plus qu'à rejoindre les Oules par l'interminable sentier de l'Arriusec.


Le conduit en direction de l'aval
Patrick


(1) Il est probable que l'entrée était connue. Lors d'une discussion avec l'oncle de Serge, celui-ci nous avait parlé d'un grand gouffre aux Estramassides. De plus, nous avons retrouvé les vestiges d'une cabane, une centaine de mètres plus à l'ouest. Mais depuis, la végétation a repris le dessus et le gouffre était tombé dans l'oubli....

dimanche 11 mars 2018

Garrapit, épisode 3 et fin

Samedi 10 mars 2018

Il y a foule ce matin au départ du sentier de Benac : Serge, Jean-Luc, Isabelle et Pierre Michel, Joël, Sandrine et Patrick.
Pas question de tous descendre dans le Sous Garrapit n°1 aussi nous faisons 3 équipes. La première continuera la traversée commencée par Serge la semaine précédente (Serge, Isabelle et Pierre Michel), la seconde poursuit la désob du Sous-Lignée (Joel, Jean-Luc et Sandrine) et la 3° en profite pour aller déséquiper le Mariléa dont le matériel était un peu tomber dans l'oubli (Patrick).
Dans le Sous Garrapit 1, le départ tant convoité n'existe finalement pas. A l'extrémité, la diaclase se pince et la descente ramène au fond du gouffre, à l'endroit même où nous nous étions arrêtés la semaine dernière. Il ne reste plus qu'à déséquiper et à ressortir le matériel chargé d'argile. 


Du côté du Sous Lignée, ce n'est guère mieux. La suite est très étroite, il n'y a pas vraiment d'air, donc ça ne sert à rien d'insister. Tout le monde se retrouve autour du Sous Garrapit pour casser la croûte. Jean-Claude qui n'était pas très en forme ce matin nous a rejoint pour venir aux nouvelles et nous indiquer d'autres trous à voir. 

Au palier de -17, plus bas, la diaclase s'agrandit nettement.
La traversée à -40 et la descente pour rejoindre le fond de -68 m.
L'après-midi, nous allons voir le boyau de la source mais il est bien trop étroit pour tenter quoi que ce soit. Nous n'avons d'ailleurs pas le temps de prévoir autre chose car la pluie nous rattrape aussitôt. Elle ne nous quittera plus jusqu'à la voiture où nous retrouvons Bruno venu aux nouvelles.

 En allant au boyau de la Source nous tombons sur une autre cavité,
probablement la grotte de la source...




Isabelle et Patrick 

jeudi 8 mars 2018

Sous les Crêtes d'Illens

Mercredi 7 mars 2018
Les giboulées de la matinée ont laissé place à une éclaircie visiblement durable. Nous en profitons pour retourner sous les crêtes d'Illens afin de revoir quelques cavités repérées durant l'hiver et qui ne figurent pas dans Karsteau. La première est la perte IL 56 dont nous faisons la topo. L'entrée assez vaste donne sur un méandre étroit qui devient impénétrable au niveau d'une coulée stalagmitique. 
Nous filons ensuite voir un autre puits qui ne figurait pas dans la base malgré un marquage partiellement lisible (PB...). C'est un puits de 7 m sans suite et surtout sans air (-10 m). En chemin, nous retrouvons le Jean-Louis (CA 41) également sans grand développement. 

 Le puits PB....


L'entrée du Jean-Louis, une petite grotte s'ouvrant sur le flanc nord d'Illens.

Sandrine et Patrick

samedi 3 mars 2018

Garrapit (épisode 2)

Vendredi 2 mars 2018
Pour certains c'est encore les vacances aussi nous sommes 8 à nous retrouver à St Pé pour poursuivre les recherches et désobstructions entamées samedi dernier. (Bruno, Jean-Claude, Serge, Jean et Quentin, Marc, Sandrine et Patrick).
Le secteur est assez proche et en une petite 1/2 heure nous voici au BE 31 (Sous Garrapit n°1) que Marc avait indiqué comme pouvant être un gouffre qu'il aurait exploré il y a 30 ans. Donné pour -70 m cela pourrait correspondre car les cailloux semblent tomber assez loin. Une première équipe s'occupe d'agrandir un passage étroit à -3 m bien motivé car un bon courant d'air aspirant emporte les poussières du perfo. Pendant ce temps, une autre équipe s'attelle au BE 32 (SousGarrapit n° 2) situé une quinzaine de mètres plus haut. Ici, il n'y a pas d'air, mais les cailloux chutent dans une diaclase qui semble s'élargir en profondeur. Le chantier n'est pas très commode, mais en insistant un peu, Quentin, le plus fin et de loin le plus jeune de la bande, parvient à franchir le passage étroit puis à descendre un petit puits de 6 m malheureusement sans suite. 

 Quentin dans la diaclase étroite du BE 32

Pendant ce temps au BE 31, les travaux ont bien avancé et après un petit casse croûte rapidement avalé, Serge part en éclaireur talonné par Marc qui ne semble pas reconnaître le gouffre qu'il avait exploré. Après avoir descendu un premier puits de 15 m, Serge tombe sur un premier spit : bizarre car l'étroiture au-dessus était en pleine roche et paraissait infranchissable en l'état. Plus bas la diaclase inclinée s'élargit progressivement et la descente se poursuit sur encore 37 m. Mais cette fois-ci Marc est formel ce n'est pas le gouffre qu'il recherchait : trop vertical d'après ses souvenirs. 

Le palier de -15 m dans le BE 31 où nous avons trouvé le 1° spit.

A -56 m il ne reste plus que quelques mètres de corde et le gouffre continue de descendre par une pente argileuse très raide. Avec Patrick qui les a rejoint, les 3 compères raboutent les pédales et les longes disponibles pour tenter d'aller voir le fond qui les nargue. Le résultat n'est pas très élégant, mais ça passe pas trop mal. Un peu de "cramponnage" sur la pente d'argile et le fond est atteint à -68 m. Curieusement c'est un petit siphon qui empêche d'aller plus loin. 

 La diaclase à -55 m. Contrairement à quelques grandes fractures explorées dans le secteur (Fissure du Diable, Mariléa...) celle du BE 31 présente des indices morphologiques d'écoulements et de circulation d'eau. Plutôt bon signe...

Cependant, à -55 m, au bas des puits, le courant d'air est très sensible et semble remonter dans l'extrémité de la diaclase qui, à ce niveau s'étire sur une bonne vingtaine de mètres. Une escalade tentée par le bas ne permet pas d'atteindre l'endroit où il semble disparaître. Du coup, il est décidé de repartir d'un peu plus haut, là où la diaclase est plus étroite pour tenter une longue traversée. Profitant de grande lames décollées, Serge parvient à atteindre l'aplomb du départ mais il s'arrête en bout de corde. Ici, pas question de ressortir les longes pour grignoter les 4 à 5 m qui manquent, c'est trop vertical. Ce sera donc pour une prochaine fois. La topo est relevée en sortant.
Pendant ce temps les autres n'ont pas chômé et Jean-Claude les conduit au Trou Sous-Ligné (BE 247) qui aspire un peu et qu'il faut aussi agrandir. Ils parviennent à progresser de 3 m mais une étroiture assez ponctuelle empêche de passer.

 Le BE 247 (Sous-Ligné) 
Si nous avons bien avancé sur l'exploration de ces cavités, le mystère reste entier quant au BE 31. Marc est formel, ce n'est pas le gouffre en question. Mais dans ce cas, qui l'aurait exploré ? par où seraient-ils entrés, et où se cache le gouffre que Marc a descendu ?  Si en lisant ces lignes quelqu'un peut nous éclairer, nous sommes preneurs...

 Jean et Patrick