vendredi 20 avril 2018

Les vieilles tiges dans Arphidia


Il s’en est fallu de peu que je me retrouve le plus jeune pour cette sortie dans Arphidia via le trou du Robinet.
Heureusement, Antho était là !
C’est à 9 heures tapantes que nous nous sommes retrouvés devant chez Burgu. Ambroise m’accueille avec un tonitruant « Tiens, un revenant ! » C’est vrai qu’il y a longtemps, trop longtemps que je ne me suis pas retrouvé ici, dans ce décor qui m’a fait vivre les plus belles heures de ma spéléo.
Il y a Mickey, Marc, Serge, Joël, Jean Claude, Antho et moi.
Quelques explications supplémentaires sur le pourquoi du comment nous nous retrouvons pour cette balade des anciens (moins un !) dans le robinet !
Il y a une bonne dizaine d’années, Olivier Lacroix du GSHP montait une opération d’envergure pour plonger les lacs d’Arphidia 4. Cette opération avait rassemblé 34 spéléologues de divers horizons et totalisant plus de 1200 heures sous terre.
Vous trouverez le compte rendu de cette expé ICI
Le déséquipement aurait dû se faire dans la foulée mais, … le temps qui passe, qui passe toujours trop vite, puis l’oubli.
Des responsables de l’ARSIP m’ont rappelé l’année dernière, à juste titre,  qu’Arphidia était équipé avec des cordes marquées GSHP, que ce matériel était “fatigué” et que le trou était plus fréquenté que je ne le pensais et donc nos vieilles cordes engageaient la responsabilité du club en cas de pépin.
A l’AG du GSHP début 2018, il fut décidé de tout déséquiper.
C’est Latap’s qui s’occupe de trouver une équipe pour aller au fond et remonter le maximum de choses. Cette sortie se fera le samedi 28 avril. Depuis l’effondrement du Chaos du Baron, il faut passer par le trou du Robinet. Or Serge n’est jamais passé par là pour aller au fond. C’est donc moi qui l’emmène repérer les passages jusqu’à Treutard via La Boue Rouge, Les Moustachus et Byzance ce jeudi 19 avril. J’espère que mes souvenirs d’il y a 10 ans seront encore assez frais ! Et pour joindre l’utile à l’agréable, j’ai proposé aux Tachous et aux Amalgamés de nous accompagner.
Pas de visite de la Verna aujourd’hui, nous pouvons monter les voitures jusqu’à la cabane Dominique Prébende. Le vent ronfle à travers la porte du tunnel. Une Sainte vierge au-dessus de la porte a remplacé la Sainte Barbe volée…
Nous sommes rapidement équipés et en plus du casse-croute, on emmène 2 nouilles au cas où. Ca y est, c’est l’entrée du Robinet et déjà il faut se baisser et marcher en canard pour éviter la vasque. Les passages étroits s’enchainent jusqu’à la « salle de la boue rouge qui tache ». Mickey raconte l’obstination de Bobeau et Dutauzier pour désober dans ce cloaque boueux à souhait. 


Je raconte que lors d’une de mes dernières sorties au fond d’Arphidia 4, en remontant et en arrivant dans ce passage,  la montre de l’un d’entre nous s’était mise à sonner… Il était 7 heures du matin, l’heure de se lever pour partir au boulot ! On pensait qu’il n’était «  que » 2 ou 3 heures du mat et on était sous terre depuis la veille au matin.
Les passages s’enchaînent sans difficultés. Le sommet du P20, même agrandi, me parait toujours aussi étroit. Se serait-il rétracté ou est-ce moi qui ait un peu forci ?
Le balisage est bien fait, le matériel en place semble en bon état. Voici le départ des puits des Moustachus. Bien arrosés au départ avec le fractio juste sous le pissadou ! Heureusement aujourd’hui le passage n’est pas trop mouillé. Les puis et les fractios s’enchainent. Certains assez acrobatiques, ce qui va permettre à quelques uns d’entre nous de vérifier leurs fondamentaux et se rappeler qu’il faut anticiper…. Par 2 fois on entendra « merde, je suis descendu trop bas, je peux plus me longer ». Cela permet de repasser sur bloqueurs, remonter, se longer, etc…. Les bases quoi !
Plus bas, un nœud sur la corde. Faut pas pousser quand même, on ne va pas apprendre aux copains à passer un nœud maintenant ! On change la corde et on continue !
C’est vrai qu’on prend notre temps pour descendre mais on s’en fout, on n’est pas là pour faire la course. On repère bien les passages et l’état du matos et surtout, on se fait plaisir.
Nouveaux passages à 4 pattes et on débouche enfin, après un dernier puits, dans Byzance. Que de souvenirs dans cet endroit  où on est passé tant de fois depuis les années 80 ! Les fantômes de Pierre et Philippe, assis sur un bloc, me font un clin d’œil.


On laisse le matos là. On mangera à la base du Puits mais d’abord, on pousse une reconnaissance jusqu’à la vire d’accès du toboggan de 70 mètres qui arrive dans la salle  Treuthard. Et en plus Joel nous fait remarquer qu’il est midi et quart !


La vire est bien équipée, le passage qui suit est magnifiquement creusé et concrétionné puis c’est la descente. Nous on s’arrête là et on lâche les gazelles.


Je les regarde partir avec nostalgie. L’émotion est très très forte. Je ne vais pas me mettre à chialer quand même ! Pas devant les copains. Tiens, ma lampe faiblit, j’y vois trouble ou ce sont mes yeux qui s’embuent … Allez, je crie « à table » et demi tour.
Serge et Antho poussent une reconnaissance jusqu’au toboggan de la Queute du Brun. Mais l’envie est trop forte, ils descendent le P40 qui suit le toboggan, trouvent le mot des belges de 77 à l’entrée de la queute souhaitant bonne chance, passent les étroitures de la queute, font un tour dans Creazy Horse, trouvent le départ de la rampe caillouteuse vers la Belle rivière, et décident enfin de s’arrêter là … Ils auraient pu sans problème continuer vers la Salle sans Nom, le Cactus, les Yoyos, la galerie des Dents de cochon, Byzance, Arakoeix, le Château des ombres, la galerie des lacs….. Des noms qui chantent encore dans ma tête comme si les explos dataient d’hier !
Allez, on se refroidit, on commence la remontée pépère. Tranquillou, les passages s’enchainent, quelques gros mots bien sur quand on s’emmêle les longes et la pédale. Un inconvénient du bloqueur de pied à gauche et personne qui n’a encore inventé le croll avec ouverture à gauche ! Donc c’est normal que tu t’emmêles le matos ! Alors tu réfléchis, tu anticipes, tu passes le fractio et bim ! La longe de la poignée qui est passée du mauvais côté de la corde rien que pour t’embêter !


Les 2 gazelles nous rattrapent dans les Moustachus. On sort tous ensemble, sans encombre, même si certains dormiront bien ce soir ! Il n’est pas encore tard, alors on pousse jusqu’à la Verna pour montrer l’immensité de la salle à Marc qui ne l’a jamais vue. La rivière est en crue et la salle envahie d’embruns. On ne verra pas grand-chose à part du noir…beaucoup de noir !  Sortie du tunnel vers 17 heures. Le vent glacial du tunnel laisse la place à la chaleur douce du printemps. Une envie de bière prend le dessus et c’est chez la famille Burguburu qu’on finit cette superbe journée en discutant avec passion des 2 ours qui vont être introduits prochainement en Haute Soule !
Et pour terminer, la vidéo de Jean Claude d'où sont extraites les photos.


lundi 16 avril 2018

Le Trou du Repli

Dimanche 15 avril, Bubu, Jean Claude, Joël et Alain M


C'est à quatre que nous nous retrouvons ce dimanche matin à 9h30, à Saint Pé de Bigorre.
L'objectif sera la poursuite de la cavité vue il y a 15 jours, le trou du repli.
Une étroiture nous empêchait l’accès sur un puits sondé à quelques mètres et bon écho entendu.
Il fait enfin beau et c'est un plaisir que de progresser dans ces jolis sous bois où les feuilles des arbres commencent à apparaître et quelques orchidées printanières nous balisent le chemin.

Une petite demie heure et nous voici à pied d'œuvre.
Rapidement nous attaquons le chantier, il y a du travail. Nous sommes en présence d'un calcaire dolomitique très gréseux et y percer des trous est très difficile.

Petit à petit nous grignotons la roche et avançons, décimètre par décimètre.
A treize heures nous y sommes presque, le puits est à nos pieds et il ne reste plus qu'un gros bloc coincé qu'il nous faudra retirer, sécurité oblige.
Pause casse croûte, nous sommes un peu au soleil, il fait bon, le bonheur...

Puis c'est la reprise et il nous faudra encore plus d'une heure d'effort sur le bloc afin de bénéficier d'un passage confortable et surtout sécuritaire.
Nous posons les amarrages et Jean Claude descend en premier, normal, c'est lui qui a trouvé la cavité.
Joli puits de 6 mètres donnant sur un palier confortable. Nous sommes hélas sur une nouvelle fracture.
Un puits s'offre quand même à nous, descendu en désescalade, nous gagnons 4 mètres et devons ensuite jouer de la massette.
Ca passe et petit à petit gagnons encore 4 mètres. Joël est devant et de toutes ses forces pousse une dalle qui vient lui bloquer le passage, sous ses pieds.

Après c'est l'inconnu mais pas bien large.

Suite, pas suite, difficile à dire et cette fracture n'est pas vraiment bon signe.
Nous décidons de remonter et déséquipons la cavité.

Encore une belle journée, toujours du vierge à faire sur Saint Pé.

Le petit film de Jean Claude en cliquant ici.

Alain M


mardi 3 avril 2018

Un repli stratégique....

Ce weekend de Pâques il était prévu de belles choses au GSHP.

Les trois jours devaient permettre de la spéléo pour tous et en même temps faire une petite fête en l'honneur d'Anaïs et de Laurent.

La barre avait été mise bien haute avec une visite du Gouffre du Quéou, de la prospection, de l'exploration sur la zone des Brioles, 1 ou 2 nuits passées au refuge du Quéou et bien sur une belle fête.

Hélas, hélas, le temps en décide autrement et contre les éléments, il vaut mieux rester humble.

Tout d'abord un portage le dimanche précédent, il faut assurer l’intendance.
Ensuite 5 à 6 jours à guetter les caprices de la météo et rien à faire, des hauts, des bas et même des très bas.
Jeudi tout va bien, vendredi patatras et heureusement car samedi, un déluge comme on en voit rarement à cette époque, s’abat sur St Pé et le département.

Une équipe se  dévouera pour remonter le samedi après midi au refuge afin de redescendre ce qui avait été monté 6 jours plus tôt. 
Ce fut la galère, la neige était revenue, 20 cm au bas mot et le blizzard soufflait de quoi faire penser que l’on était dans le grand nord.

Le jour de Pâques sera quand même meilleur.
Nous nous retrouverons à 9 heures à l'Oustalet pour faire un peu de préparation pour la soirée.

Ensuite, place à la spéléo
Un groupe part en désobstruction, un nouveau départ repéré il y a quelques temps par Jean Claude.

Nous progressons de plus de 4 mètres et nous nous arrêtons sur une petite étroiture ponctuelle avec, derrière, un puits de 4 à 5 mètres et un joli écho.
A continuer dès que possible.

Une deuxième équipe se rendra en classique, à la Borne 109. Ils iront jusqu'à la salle blanche et seront de retour à l'Oustalet vers 18h30, ravis de leur visite.

Ce fut ensuite un apéro de première, suivi des grillades traditionnelles, des fromages locaux et autres gâteaux aux myrtilles ou au chocolat.


Bravo les organisateurs et encore tout nos voeux à Anaïs et à Laurent.

Alain M









jeudi 29 mars 2018

Expédition « Rios Patagonicos »

Le voici le tant attendu Compte rendu de l'expédition Rios Patagonicos à laquelle participait l'ami Tot (Thomas Braccini)
Expédition « Rios Patagonicos »
Association Regard Sur l’Aventure
 
Nous sommes le 7 janvier et après un an de préparation, l’heure est enfin venue de partir pour notre expédition canyon en Patagonie chilienne. Nous sommes 15 membres sur le projet mais 5 personnes sont déjà sur place pour préparer l’expédition (location voiture, courses, prise de contacts…).
Après 15h d’avion, nous prenons pied à Santiago du Chili où il fait chaud. Une petite navette nous amène à la gare routière où les copains nous ont réservé un Bus Cama (siège confort qui s’incline) pour Puerto Mont. Nous voyageons donc de nuit et après 8h de bus et 1000km parcouru nous retrouvons les copains… l’ambiance est chaleureuse !
Ils nous ont trouvé une Cabana tout confort pour que l’on puisse préparer notre voyage vers la Patagonie chilienne : courses, matos technique, récupération des véhicules de location, essais drone… nous sommes prêts !
Dès le lendemain, les pickups chargés à bloc, nous partons vers le Sud. Pour l’instant c’est tempête de ciel bleu, nos yeux pétillent à la vue de ces paysages grandioses et ces superbes volcans comme l’Osorno. L’asphalte laisse la place à la piste, nous passons Cochamo, puis prenons pied à Puelo dans un petit camping (chez Ricardo).
Nous ne perdons pas de temps pour réaliser un premier repérage des canyons environnants… Tout en prenant contacts avec les propriétaires pour avoir l’autorisation d’accéder aux canyons, nous découvrons les problématiques de marche d’approche avec une végétation très dense surtout du bambou aux abords des torrents.

Certains canyons sont majeurs (encaissement, niveau d’eau soutenue et verticalité), notamment Bambouback, Escala,  Geologuo… Bien évidemment, nous levons à chaque fois la topographie (que nous mettons au propre) ainsi qu’un compte-rendu et descriptif d’accès accompagnés de la trace GPS. Nous testons également beaucoup de matériels canyon : baudrier Mazerin AV (Aventure Verticale), de nouveaux sacs Résurgence, des sur pantalons ACS (Atelier Combi Spéléo)…
Pour accéder aux canyons, nous marchons souvent entre 2 à 4h en prenant entre 300 à 600m de dénivelé. Les descentes dans ces superbes « barranquismo » chilien se font pour la plupart dans une roche granite mais nous trouvons quelques canyons comme le Rulito dans une roche volcanique.

L’équipe se met doucement en place, avec un collectif très dynamique. Pendant que certains vont faire des courses de ravitaillement, d’autres remettent au propre la topo du canyon ouvert la veille… Nous sommes comme chez nous dans ce camping tenu par Ricardo. Au bout de 8 jours, nous décidons de descendre vers le Sud et c’est « Hornopiren » haut lieu touristique qui sera notre 2ème camp de base

Nous trouvons un mixe entre cabana et camping chez Laura où dès le début notre équipe aura bien fait « déliré » toute la famille au vu de nos capacités à installer rapidement un campement aussi bien bordélique que organisé ! Les canyons environnants sont pour la plupart assez intéressants notamment le Blanco qui nous demande toute notre attention au vu d’un débit très important !
Nous réalisons de superbes images (photos et films) à l’aide de Thierry AUBE qui prend beaucoup de temps pour les traiter.
Une équipe part vers le Sud pour réaliser un repérage… 2 jours après, en prenant quelques bacs (bateaux qui transportent des véhicules et des gens permettant de traverser des bras de l’océan Pacifique) nous les rejoignons à « Chaiten » situé dans la région des lacs. Cette petite ville n’est pas très prometteuse pour nous, alors pour continuer notre périple vers le Sud, nous devons prendre un nouveau « bac » de 7h afin d’éviter une piste de 150km qui a été fermée pour cause d’éboulement. Une fois sur le bateau, la nuit tombe, nous découvrons la salle commune qui ne fait pas trop envie car tout le monde y est entassé. Nous choisissons de dormir sur le « pont », la houle est sévère, c’est chamboulés de droite à gauche que nous passons une nuit agitée mais avec une séquence comique !

Fatigués de notre nuit, l’arrivée sur la terre ferme se fera avec un levé de soleil de toute beauté et quelques dauphins pour nous accueillir. A l’aide de nos véhicules bien adaptés pour ça, nous enchaînons des kilomètres de piste pour installer notre nouveau camp de base à la Junta. La « machine » de Regard Sur l’Aventure se met en marche : installation du camp, prospection, contacts avec les propriétaires… Nous nous rendons bien compte qu’ici il y a beaucoup de canyons à ouvrir mais nos difficultés restent les accès : soit trop loin, soit un lac à traverser (difficile de trouver des canoës à louer)… Nous décidons même de ne pas ouvrir un canyon pourtant à priori magnifique car le propriétaire utilise l’eau pour y fabriquer de la bière artisanale. De ce fait, nous repartirons de chez lui avec quelques caisses de bières…

Nous réalisons quand même quelques belles ouvertures dans un coin qui nous plaît bien ! Nous continuons notre avancé vers le sud essentiellement par des pistes pas toujours de tout repos. La traversée de la réserve nationale « Lago Las Torres » est splendide et c’est au bout d’une bonne journée de voiture que nous arrivons sur Puerto Aisen. Nous savons que pour 5 membres de l’équipe (notamment moi), c’est la dernière halte avant de remonter vers Santiago…

Après avoir traversée celle ville pas plus sympathique que ça, nous prenons place dans un camping assez spacieux au bord d’une rivière. Au repérage, nous nous enfonçons dans cette vallée perdue, très sauvage appelé « Tabo ». Au bout de la piste, nous arrivons sur une ferme où tout de suite des hommes nous accueillent chaleureusement. Ils connaissent bien la montagne environnante car ils ont une structure d’accueil, ils ouvrent des sentiers, emmènent des gens en excursions afin de développer le tourisme… en tout cas, ce lieu nous plaît bien, l’idée de faire notre dernière soirée tous ensemble autour d’un asado prend forme. Ils nous indiquent même 2 cascades à ouvrir tout près d’ici… finalement, un vrai beau canyon aquatique avec un débit soutenu sera ouvert par une équipe.
Ce jour-là, nous repérons le baranquismo del Tronador avec une sa roche rouge et son débit soutenu. Nous voyons bien que c’est un gros morceau, alors nous décidons de mettre en place une stratégie :

JOUR 1, nous partons à 3 équipiers pour ouvrir le bas du canyon histoire de voir à quoi s’attendre, pendant ce temps une équipe part ouvrir une trace de 800m de dénivelé pour accéder au départ du canyon. Le bilan de la journée est : une roche rouge qui glisse à mort, un débit important, un bassin versant énorme avec un lac, même de la neige sur les hauteurs… un canyon majeur mais évidemment engagé !
JOUR 2, histoire d’être chaud, nous ouvrons quelques jolis canyons dans les environs notamment le banranquismo de la Vigen très court mais avec un encaissement certain. Aussi, nous préparons le matos pour l’assaut du lendemain.
JOUR 3, une 1ère équipe de pointe part tôt et une 2ème suit 2h après, dans le but de rejoindre l’équipe 1 et finir l’ouverture ensemble !
Ce jour-là, tout ne se passe pas comme prévu car la météo n’est pas terrible voire pourrie. Nous ne lâchons rien, la trace ouverte par les copains est à l’image du canyon, c’est-à-dire longue et aérienne, mais la pluie s’intensifie ! Une fois sur le plateau, nous découvrons une rivière calme… la verticalité du canyon se fait progressivement, les obstacles deviennent de plus en plus soutenus et on voit bien que le niveau d’eau est plus important que le jour 1 !
 
Avec comme excuse l’économie d’ancrage, j’équipe un obstacle pas du tout confort à passer, ce qui nous fait perdre pas mal de temps ! L’encaissement devient important et après une période d’accalmie, la pluie s’intensifie, ça va mal !!! Nous continuons notre progression mais le temps passe, nous découvrons une cascade de 35m de toute beauté avec ensuite une gorge serrée ! Au vu de l’heure tardive, de la météo qui ne s’arrange pas et la configuration du canyon, il faut se rendre à l’évidence : il nous reste 250m de dénivelé à descendre avant de rejoindre l’échappatoire ouvert jour 1 ! Nous décidons donc de quitter le canyon en équipant une ligne sur une dalle parallèle à cette cascade de 35m.

Une fois en bas, les copains partent ouvrir une trace dans la forêt dense… je reste pour attendre et connecter la 2ème équipe qui est en train de récupérer un kit boule au fond d’une vasque (nous sommes perpétuellement en contact radio avec la 2ème équipe ainsi que notre équipe « sécu resté au gîte). Le retour se fait en mode « sanglier » avec quelques descentes en rappel au milieu de la forêt…
Bien « fracassés » nous rentrons au gîte, tout de même contents de notre journée où ce canyon du Tornador qui veut dire tornade nous auras donné du fil à retordre.

Le lendemain, nous plions le camp pour aller manger un asado (barbecue) à Tabo. Ce soir-là, l’ambiance est au RDV et c’est à une heure tardive accompagné de pas de denses anarchiques que notre expédition s’achève (nous laissons 10 membres de l’expé sur place, ils continuent leurs route vers le sud !).

Au petit matin, nous (5 membres) embrassons toute l’équipe avant de prendre pistes, bacs et bus pour 4 jours en direction de Santiago… Ce pays est fantastique autant d’un point de vue des paysages, des canyons, des autochtones… la météo fut plutôt correcte (sauf pour le dernier canyon) et notre équipe c’est sacrément bien entendue tout au long de notre voyage.
En relation avec la CONAF, structure de l’état chilien gérant les espaces naturels du pays, notre association envisage de participer à un projet de développement touristique.
Nous remercions énormément toutes les personnes qui nous ont aidées et soutenues à réaliser ce projet : amis, familles, fabricants de matériel, structures fédérales…

Pour Regard sur l’Aventure,
Thomas BRACCINI


lundi 26 mars 2018

La traque aux marqueurs de la SAS

L'aventure a débuté au mois de novembre dernier lorsque Christophe, un ami spéléo de longue date,  nous contacte pour un projet scientifique sur la spéléogénèse des cavités pyrénéennes. Professeur à l'université de Dijon il voudrait nous associer à une vaste étude dont le principal objectif serait de mettre en évidence le rôle des eaux profondes riches en CO2 et H2S dans le creusement des cavités du piémont pyrénéen. 
Pour faire simple disons que la plupart des cavités sont formées par l'enfouissement des eaux de surfaces qui érodent et corrodent les roches carbonatées. Cette karstification dite météorique est plutôt bien connue et concerne une grande majorité des cavités que nous parcourons. 
Cependant, certaines grottes ont été formées non pas par des eaux de surface, mais par des fluides venant des profondeurs de la terre et chargés en CO2 et H2S qui au contact d'eaux oxygénées peuvent produire de l'acide sulfurique. Ce dernier est bien plus efficace que les eaux météoriques pour dissoudre le calcaire. Ce phénomène a été mis en évidence dans certaines cavités emblématiques tel le célèbre réseau de Carlsbad Cavern (Nouveau Mexique -USA) et la superbe grotte de Lechuguilla. 

Les spectaculaires formations de gypse dans Lechuguilla cave.
Ce gypse est l'indice n°1 de la présence d'acide sulfurique dans la genèse de la cavité.

On en trouve également en Italie mais aussi en France et notamment en Ardèche et en Savoie avec la grotte Chevalet. 
Donc l'objectif de cette étude est de démontrer que ce phénomène concerne également certaines cavités du versant nord des Pyrénées comme cela semble probable en raison des nombreuses sources chaudes présentes au milieu de ces karsts.

Un indice extérieur favorable, la source "chaude" d'Aygue Tebo à Bagnères.

C'est Dimitri, un "post-doc" rattaché à l'université de Nancy, qui est chargé de conduire les recherches. Après une formation rapide et efficace réalisée par Mathieu (CDS 64) il a commencé à parcourir les cavités du 64 et du 65 à la recherche d'indices pour trouver les fameuses traces d'acide sulfurique. Les plus évidentes étant la présence de gypse, et des morphologies bien particulières, nous avons tenté de l'orienter vers celles que nous connaissions et pour cela Karsteau a été une aide précieuse.

Dimitri en pleine action pour trouver "l'indice"...

Cette semaine nous sommes donc allés à la grotte de la Résistance et à celle du Cadavre (jeudi) puis du côté de Bagnères (vendredi) au Bedat et dans deux autres petites cavités. Les indices étant tellement ténus, il faudra sans doute multiplier les visites et probablement impliquer d'autres traqueurs de marqueurs de la SAS (marqueur de la spéléogenèse à l'acide sulfurique). Dimitri nous communiquera prochainement un petit document permettant d'identifier plus facilement ces indices, mais c'est certain on a pas fini de parler d'acide sulfurique au GSHP. Et si par hasard vous croisez un peu de gypse dans une cavité du nord des Pyrénées (entre Biarritz et Banyuls), n'hésitez pas à nous contacter....

Ces cupules dans la grotte du cadavre pourraient être également un signe de l'action de H2S. 
Les analyses d'échantillons le diront bientôt.


(Participants aux sorties de janvier et mars : Alain, Serge, Marie Claude, Mickey, Christophe, Cedric, Dimitri, Sandrine et Patrick)

Patrick

Humour


Lettre au Président.

Les spéléo (es) GSHP à table ou comment s'amuser en toute discrétion ! (la discrétion c'est de l'humour biensur)




Cher Bubu, Cher Président du GSHP,

Les filles du GSHP sont terribles, j'ai passé une soirée terriblement drôle, heureusement qu'on n'était pas au fond d'un trou !
Je t'écris pas pour me plaindre, j'ai trop rigolé mais il faut quand même que je te raconte un peu...ce qui se passe dans ce club quand on n'est pas sous terre !

C'était vendredi. Nous étions 5 ce soir là à avoir répondu présentes pour une soirée au resto, histoire de partager un bon moment ensemble, loin des mousquetons, des cordes et des plaquettes.
5 femmes et un bébé, tout ce qu'il y a de plus correct, installés confortablement dans des canapés. Le serveur, jeune, sérieux et galant s'est empressé d'offrir un fauteuil à Édith qui trônait en bout de table. Je crois que dès mon arrivée avec Kat, tout a très vite commencé à partir en....grosse partie de rigolade.

Pour ma part, la lumière tamisée aidant et la flème d'aller chercher mes lunettes au fond du sac, je ne déchiffrais pas très bien les écritures de cette carte à pizzas et ainsi j'échappai aux mots « défendus » (le nouveau jeu de Caro mais chutt !!!). Mes yeux me sauvèrent la face jusqu'à l'arrivée du serveur et du coup de coude de Caro « tu commandes ? ». Bien, ce fut parti pour la commande !
Le serveur calepin dans une main, stylo dans l'autre, professionnel, classe...
  • oui, je vais prendre une pizza percofine avec pas trop de fromage.
Le serveur note ou fait mine de noter
  • et sinon comment sont vos boules...de chèvre ?
Tout s'enchaîne, Édith a les yeux collés à la carte lorsqu'elle répond au serveur, qui, toujours très sur de lui, ne glissera pas sur la vaseline qui vient de se rajouter discrètement aux autres ingrédient de sa pizza, ni vu ni connu !
Tout aussi discret, Anaïs qui associe le foie gras aux crevettes, s'est je crois inquiétée de connaître la teneur en piments de sa pizza, avec quelque chose de pipant ou de pipe joliment dit.
Kat semblait perplexe, mais que vais-je choisir ? « je ne sais pas, je ne sais pas......allez, une pizza tantrisme ! ».
Alors là on a touché le fond ! Non, je plaisante, on est mortes de rire et le serveur demeure de marbre, ça c'est un pro qui fait face aux clients !
Édith sert copieusement à boire, je crois qu'elle aime le vin, ça tombe bien, à table une ou 2 bonnes bouteilles sont toujours les bienvenues !
Les pizzas sont magnifiques et délicieuses, les conversations aussi mais là, Cher Bubu, Cher Président du GSHP, j'ose pas aller plus loin et je crois que je vais garder le reste pour moi.

Voilà, Cher Bubu, Cher Président du GSHP, je te remercie de toute l'intérêt que tu porteras à ma lettre et peut être te joindras-tu à nous pour une prochaine soirée (ya aucun risque, on est sages comme des images).

Sandrine.

PS : ah juste une petite chose, chez Anaïs « les queues n'étaient pas décortiquées, (de crevettes biensur) »



Pièce jointe : la photo des filles prise par le serveur, et on dit « Banane ou cheese....et ben non ! On dit S.....(je te laisse deviner »

jeudi 15 mars 2018

Le gouffre d'Estremassides

Jeudi 15 mars 2018 :

Cela faisait un moment que nous attendions l'occasion d'aller voir ce gouffre, trouvé ou retrouvé (1) par notre ami Jean-Claude. Les photos de l'entrée, qu'il avait fait circuler, avaient de quoi alimenter toutes les spéculations : était ce là un nouveau Paybou ? Ce matin, nous sommes donc 5 au départ de l'Arriusec : Jean-Claude, Alain M., Serge, Sandrine et Patrick. Il fait beau et les sujets de discussion ne manquent pas pour occuper le temps durant la longue remontée de la vallée. Peu après la confluence avec le ravin de Moulle nous quittons le sentier pour gagner la croupe des Estramassides. C'est ici que commencent les festivités car 500 m de dénivelé nous séparent du gouffre. C'est raide à souhait mais la forêt est assez ouverte et la progression est régulière.

Il nous faudra quand même 2 h 20 pour parvenir à l'entrée. Celle-ci est superbe et l'arrivée du soleil nous permet d'en profiter pleinement. Nous cassons la croûte vite fait avant de commencer l'exploration.


Le premier puits de 14 m débouche dans un beau conduit creusé dans le pendage. A -22 m, de gros blocs bouchent la galerie mais en se faufilant entre ces derniers, nous parvenons à descendre encore d'une dizaine de mètres jusqu'à des fissures impénétrables (-32 m). Nous fouillons tous les interstices mais rien n'y fait, il n'y a pas de continuation ni de courant d'air d'ailleurs. A défaut, il y a bien des ossements mais à part quelques chiens et une vache rien d'extraordinaire à noter. Nous faisons la topo et quelques photos avant de ressortir en tout début d'après-midi. 


 Au bas du puits d'entrée
Il nous reste du temps aussi nous décidons de poursuivre notre progression en direction de Yerse en restant à niveau. Nous croisons bien quelques beaux affleurements mais aucun trou à l'horizon... Arrivés au fond du vallon, il ne nous reste plus qu'à rejoindre les Oules par l'interminable sentier de l'Arriusec.


Le conduit en direction de l'aval
Patrick


(1) Il est probable que l'entrée était connue. Lors d'une discussion avec l'oncle de Serge, celui-ci nous avait parlé d'un grand gouffre aux Estramassides. De plus, nous avons retrouvé les vestiges d'une cabane, une centaine de mètres plus à l'ouest. Mais depuis, la végétation a repris le dessus et le gouffre était tombé dans l'oubli....

dimanche 11 mars 2018

Garrapit, épisode 3 et fin

Samedi 10 mars 2018

Il y a foule ce matin au départ du sentier de Benac : Serge, Jean-Luc, Isabelle et Pierre Michel, Joël, Sandrine et Patrick.
Pas question de tous descendre dans le Sous Garrapit n°1 aussi nous faisons 3 équipes. La première continuera la traversée commencée par Serge la semaine précédente (Serge, Isabelle et Pierre Michel), la seconde poursuit la désob du Sous-Lignée (Joel, Jean-Luc et Sandrine) et la 3° en profite pour aller déséquiper le Mariléa dont le matériel était un peu tomber dans l'oubli (Patrick).
Dans le Sous Garrapit 1, le départ tant convoité n'existe finalement pas. A l'extrémité, la diaclase se pince et la descente ramène au fond du gouffre, à l'endroit même où nous nous étions arrêtés la semaine dernière. Il ne reste plus qu'à déséquiper et à ressortir le matériel chargé d'argile. 


Du côté du Sous Lignée, ce n'est guère mieux. La suite est très étroite, il n'y a pas vraiment d'air, donc ça ne sert à rien d'insister. Tout le monde se retrouve autour du Sous Garrapit pour casser la croûte. Jean-Claude qui n'était pas très en forme ce matin nous a rejoint pour venir aux nouvelles et nous indiquer d'autres trous à voir. 

Au palier de -17, plus bas, la diaclase s'agrandit nettement.
La traversée à -40 et la descente pour rejoindre le fond de -68 m.
L'après-midi, nous allons voir le boyau de la source mais il est bien trop étroit pour tenter quoi que ce soit. Nous n'avons d'ailleurs pas le temps de prévoir autre chose car la pluie nous rattrape aussitôt. Elle ne nous quittera plus jusqu'à la voiture où nous retrouvons Bruno venu aux nouvelles.

 En allant au boyau de la Source nous tombons sur une autre cavité,
probablement la grotte de la source...




Isabelle et Patrick