lundi 2 octobre 2017

Gouffre de la Borne 109 et Grotte de la Pale

 28/09/2017 par Marc Chanliau
Pour cause de journée EDS repoussée, me voici embarqué volontaire dans une sortie dans le cadre du stage du Creps Rhône-Alpes « Module encadrement grandes courses ». La cavité retenue pour mon groupe est la Borne 109.
RDV Place des Arcades à St-Pé. Les présentations donnent : 3 étudiants DEJEPS futurs pros, 2 examinateurs et 5 publics supports, cobayes comme moi. Il y a là 2 spéléologues amateurs et 3 jeunes filles en initiation, stagiaires présentes plusieurs jours pendant la formation.
Transfert en voiture ensuite vers la ferme Soulas. Il y a déjà beaucoup de véhicules d’autres groupes partis ou en cours de départ vers d’autres cavités.
Nos étudiants sont venus repérer et préparer leurs interventions quelques jours avant. Ils se sont partagé le travail : Patrice fera la 1ère partie jusqu’avant le Kamasutra, Alexandre la 2nde jusqu’à la Salle Blanche et un peu du retour et Marion la fin du retour avec toutes les verticales montantes.

Chaque étudiant intervient en situation comme un accompagnateur professionnel indépendant, accompagnant un groupe (quel que soit le niveau de chacun) ; les 2 autres étudiants n’intervenant que plus tard dans la journée et les examinateurs, Bruno du CREPS Rhône-Alpes et Olivier du Pays Basque, sont silencieux, ce sont des « fantômes ».
Nous pénétrons dans le 1er puits à 9h45. Les équipements s’enchaînent à un bon rythme, les étudiants étant déjà très aguerris ! Les puits sont équipés en double pour améliorer la fluidité et la rapidité de la progression. Nous avons droit à toute la pédagogie détaillée sur la technique et sur le monde souterrain. Le groupe progresse sans difficulté.
A la sortie du Kamasutra (bien élargi il y a 3 ans lors de l’exercice Spéléo Secours), nous posons nos sacs pour un pique-nique mérité dans la bien-nommée Salle à Manger à -59m, galerie très large, appuyée sur un miroir de faille et envahie d’un chaos de roches et de remplissage de graviers bruns et même noirs. Il est 12h40. Bien sustentés et délestés de tout matériel, nous poursuivons la descente pour atteindre rapidement la Salle Blanche après les 45m de dénivelé bien pentus et bien glissants. Il est 13h10. Au bout de nos rêves, la raison s’achève, la salle merveilleuse est sous nos yeux ! Malgré un ancien remplissage partiel en eau, postérieur aux concrétions, ayant laissé un dépôt marron dans le bas de la salle, tout l’ensemble est exceptionnel.
La salle présente une déclivité importante du fait de sa position dans la base de la fracture de cisaillement. Les 2/3 du plafond de la salle sont couverts de stalactites et de bouquets d’aragonite d’une blancheur incomparable. Il y a également des fistuleuses en grand nombre et plusieurs coulées de calcite très blanche, en concrétions sur les parois ou en stalactites.
N’importe où on pose les yeux, on ne peut que rester longtemps en admiration devant la complexité des innombrables excentriques. Et même s’il faut partir, changer de terre ou de trace, et même s’il faut se faire violence pour quitter les lieux, après un séjour à chaque fois toujours trop court, vers 14h nous repartons vers la suite de nos rêves !
Une séance de maquillage de groupe avec ocre rouge, jaune ou brune trouvées sur place, nous transforme en (paisibles) guerriers de la B109...
Pour le retour, l’ambiance est toujours au beau fixe. Les changements de stagiaires n’altèrent en rien la détermination du groupe, mais les vannes fusent à un rythme plus soutenu qu’à l’aller. Les examinateurs ne sont pas en reste, tout en restant concentrés sur l’écriture de leurs commentaires critiques dans un petit carnet, dont l’essentiel échappe à ma prise de conscience...
« Heureux l’inconscient, il n’a pas fini de se sentir en sécurité ! ».
Au retour Guillaume et Marc déséquipent, histoire de ne pas perdre la main. A 15h30 tout le monde est sorti du trou et on pose presque tous pour le selfie-souvenir.

Au moment du départ, on se rappelle tous les bons moments passés ensemble sous terre et on souhaite bon courage pour la suite aux jeunes étudiants et bon vent à tous les autres. Aujourd’hui on n’a pas vécu notre vie par procuration ! La journée n’est pas finie pour certains, car plusieurs Tachous (Sandrine, Alain, Jean-Claude, Jean-Luc et Marc) se sont donnés RDV à la Pale à 17h30 pour une séance de délimitation du site paléontologique (griffades d’ours et prélèvements moyenâgeux d’argile), à l’initiative du CDSC65. Entrée dans la grotte vers 18 h, sortie vers 20 h ; on a fait du bon boulot ! Voir compte-rendu complet sur le site du CDSC65
Marc C

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