lundi 1 novembre 2010

Plongée au gouffre du Bassia

30 octobre 2010

Participants : Pierre-Michel Abadie, François Ichas, David Marque et Gael, plongeur : Olivier Lacroix.

Nous sommes cinq pour continuer l’exploration du réseau dit « Amont « au Gouffre de la Coume Bere. Trois objectifs aujourd’hui : plonger le siphon de – 490, vérifier la galerie fossile en bas du P 15, et fouiller minutieusement la galerie de – 400 entrevue lors de la dernière explo.


Coupe schématique du fond du gouffre

Nous avons cinq kits à nous partager. Trois pour la plongée dont un, volumineux et lourd et deux kits bouffe. Descente dans le gouffre vers 11 h. il n’y a pas beaucoup de courant d’air. Rien à voir avec la dernière explo ou il était si violent et aspirant. Arrivés à environ – 480, en bas du P 15, nous nous séparons en deux équipes. Gaël et François vont vérifier, par une escalade, le fossile. Pierre-Michel, David et moi allons au siphon afin de préparer le matos en vue de la plongée.


La plongée s'effectue "à l'anglaise" c'est à dire que les bouteilles sont positionnées sur le côté. Cela donne beaucoup plus d'aisance dans les conduits de petites dimensions.

Le fossile retombe à la vasque du siphon. Gaël et François nous rejoignent. Je suis pratiquement prêt pour plonger. Je suis équipé d’un bi 4 l. J’ai confectionné un harnais à l’anglaise avec mon baudrier et mon torse de spéléo. Je suis en combinaison étanche. L’assemblage semble plus que correct. Je suis même très content de celui-ci. Le fil d’Ariane est accroché. Vu la reconnaissance que j’ai faite la dernière fois, je sais que je n’ai pas beaucoup de temps pour avoir une bonne visi (banc de sable et d’argile dans la vasque et dans le conduit noyé).


Le départ du siphon

Je me mets à l’eau et file droit vers l’aval en espérant que la touille n’arrive pas trop vite. Le conduit conserve sa morphologie sur une longueur d’environ 10 m et à une profondeur de – 5 m. J’aperçois la suite qui se resserre. Le plafond s’abaisse et le banc de sable d’argile s’épaissit. Le passage est en étroiture. Le plafond est couvert de chou-fleur d’argile et non de concrétions comme entrevu la dernière fois. Et d’un coup, le nuage de touille arrive, la visibilité devient nulle très rapidement. J’attends un petit peu. Vu que c’est un aval, avec peu de débit, il n’y a peu d’espoir de retrouver un semblant de visi. C’est peine perdue et même dangereux. Je fais demi-tour en rembobinant mon fil dans une visi totalement nulle.


Coupe schématique du siphon de -490 m

Je sors de la vasque et déconditionne les blocs afin d’en faire passer un à Gaël et François, qui vont fouiller la zone des – 400.

Pierre-Michel, David et moi, reconditionnons le matos plongée, cassons une petite croute et remontons rejoindre nos deux compères.

Avant de remonter dans la faille, nous déposons les deux blocs de plongée ainsi que les plombs à l’embranchement du réseau dit « Amont et Aval ». Il reste le siphon du réseau aval de – 503 à vérifier.

Un grand Merci à Pierre-Michel Abadie, François Ichas, David Marque et Gael pour leur participation, le portage, leur soutien moral et pour l’aide à me préparer.

L’explo au Bassia continue……

Olivier

samedi 9 octobre 2010

Les JNS du GSHP 2010

Le 9 octobre 2010
Puts d'Espiaube
Ce week-end, étaient or
ganisées dans toutes la France les 9èmes Journées nationales de la spéléologie et du canyonisme par la Fédération Française de Spéléologie L'idée est de découvrir en toute sécurité, une activité unique qui allie sport, plaisir et exploration dans des lieux que vous n'auriez jamais imaginé, une occasion inédite de découvrir la Terre sous un autre angle.
Pour le Groupe Spéléologique Haut Pyrénéen de Tarbes, ce fut l'occasion en ce dimanche 3 octobre de réunir autour d'une même passion tous les membres du club dans une cavité sympathique, pour faire une sortie dans la convivialité et la bonne humeur !
C'est en effet une quinzaine de spéléos qui se sont retrouvés dès 10 heures du matin au point de rendez vous à l'entrée du village de Rieulhès: nouveaux et anciens, jeunes et moins jeunes, pratiquants confirmés et débutants et toutes générations confondues: le plus jeune avait à peine 9 ans, le plus âgé dépassait les 60 ans.
Le gouffre choisi fut le Puts d'Espiaube, joli petite cavité découverte l'hiver dernier et explorée par le club. Vous avez d'ailleurs pu lire l'histoire de cette découverte dans ces mêmes colonnes.
Ce trou commence par une verticale de 50 mètres suivie d'environ 200 mètres de galeries bien concrétionnées. Idéal pour une sortie sympa et juste assez technique pour se faire plaisir quand on ne maitrise pas encore trop tout le matériel de progression sur corde.
Ce fut pour commencer un bonjour incontournable au propriétaire de la ferme Espiaube, lieu paradisiaque dans ce petit bout du monde où l'accueil est toujours très sympathique.
Il a très bien connu l'abbé Abadie, le précurseur de la spéléologie sur le massif de Saint Pé de Bigorre et c'est lui qui nous a indiqué quelques cavités qu'il avait repéré en gardant ses bêtes ou en allant à la chasse.
Après une petite demi heure de marche, tout le monde se retrouve dans la doline d'entrée. Les plus expérimentés surveillent consciencieusement l'équipement des plus novices. Les spéléologues ne prennent jamais de risque, un bon matériel technique permet de progresser en toute sécurité mais ce matériel il faut savoir l'apprivoiser ! Les lumières des casques vont à nouveau éclairer les parois verticales du puits et les galeries dont les concrétions renvoient la lumière des lampes. De nombreuses photos seront prises tout au long de la progression pour immortaliser ce moment .
Au bout de la galerie une trémie bouche le passage. Seul le courant d'air filtre à travers les cailloux, signe que la surface n'est plus très loin. Mais l'homme ne peut pas passer par là...alors demi tour par le même chemin pour commencer la remontée du puits sur corde. Un exercice que certains ne maîtrisent pas encore mais grâce à un encadrement très bien organisé par les plus confirmés, tout le monde sera dehors vers 16 heures.
A la sortie, une bonne surprise nous attendait car deux autres membres du club nous avait rejoint à l'entrée du trou et avaient préparé les grillades pendant notre escapade souterraine. Un moment très convivial pour célébrer cette fête de la spéléologie, les 9èmes journées de notre fédération.

Photos Olivier Lacroix

dimanche 26 septembre 2010

Au Bassia, on reprend l'explo

CR du 26 septembre par Olive

Nous sommes allés au Bassia Jonathan et moi le dimanche 26 septembre, afin de rééquipé et d’affiné l’équipement à partir de – 365 (fond de la salle de Pâques) en vu de la plongée et d’un fossil éventuel dans la branche de – 490 (branche amont).

La diaclase de 25 m (fond de la salle de Gascogne) est équipée. Il reste un fractio à rajouter pour que le l’équipement soit nickel.

Nous sommes allés ensuite dans la branche dît « Amont » du réseau, là d’où vient le courant d’air soufflant. La branche dît « Aval » est déjà équipée, mais celle-ci de, par le siphon et d’éventuel fossilen ne semble pas, par sa configuration, la suite du trou (les réseaux dît Amont et Aval ont été nommés ainsi par les découvreurs).

Dans la branche Amont, la progression est horizontale sur environ 50 m, parfois accidentée mais reste raisonnable. Ont débouchent sur un ressaut d’environ 7m puis une escalade de 5m que nous avons jugés indispensable en équipement. A l’époque de la première, ils ont dut le faire en libre.

Après l’escalade, on redescend par une faille de 4 m, étroite mais pas infâme. Elle est équipée également. La progression continue dans une faille, pas très large, puis débouche dans un puits de belle dimension d’environ 30 m. Le peu de spit en place sont en mauvais état, et nous commençons a manquer de matériel (cordes et goujons). Nous arrivons quand même à équiper sécu, mais la corde n’arrive pas en bas du puits ! Il me reste un bout de nouille que je raboute et atteint le fond.

J’entends la rivière au loin. Le bas du puits est couvert de remplissage, mais c’est ancien. Nous continuons à progresser et de nouveau un puits d’environ 30 m pour atteindre la rivière. Et merde…. plus de cordes…… j’aperçois à peine le fond, le volume de la galerie devient important et la rivière gronde…….

D’après les comptes rendu d’explo, en bas de ce puits, en aval, le siphon est très proche. En amont, ils sont remontés sur environ 250 m et arrêt sur des puits remontants. Cet actif est plus conséquent que celui de la branche aval. Mais je ne sais pas quel sont les configurations du siphon et des puits remontant. C’est dommage, nous étions si proche………

Nous ressortons du trou en 3h30.

Conclusion :

Pour le 09 et 10 octobre, vous vous imaginez bien que la plongée est reportée. Tant que je n’ai pas vu le siphon et y faire une petite reconnaissance en apnée, il n’est pas question d’emmener tous le matos pour rien. La date est toujours maintenue mais pour terminer l’équipement et faire la reconnaissance plongée. Pour l’instant, trois personnes suffisent. (Je pense à Pierre, David et moi).

Pour vous autres, qui c’étaient proposer pour le portage, je préfère vous garder sous le coude ultérieurement pour la plongée si elle se fait. Je suis désolé de reporter de nouveau, mais c’est pour le confort de nous tous.( a moins que vous voulliez voir le trou avant le portage ).

Il reste quelques modifs à faire sur l’équipement que nous avons fait (prolonger la main courante du P30, changer la corde car passage de nœud et rajouter deux points), redescendre une corde pour le dernier puits, rajouter un fractio dans la diaclase (après la salle de Gascogne).

A notre étonnement, il restait pas mal de matos du CDSC 65 en bas de la salle de Pâques (trois cordes de 25 m en 10 mn, une de corde de 40 m en 8mn, des amarrages et une quinzaine de sangles. Ce matos nous servira pour finir l’équipement.

Au niveau intendance, nous avons dormis dans une cabane plutôt confortable (cheminée, bois, table, chaises) et une mezzanine ou l’on peut dormir a quatre. Il faut faire un peu le ménage (au niveau mezzanine) mais confortable. Il y a possibilité aussi de planter la tente ou de dormir dans les véhicules.

En espérant que la météo soit avec nous et l’hiver pas trop précoce.

Merci a Jonathan Dorez pour sa participation. Un jeune spéléo de vingt ans, d’un niveau technique équivalent d' un moniteur, bien sympathique et performant. C’est un costaud ! Ca promet !

Olivier

PS : il y a du fil topo jusqu’au fond. Je voudrais comprendre pourquoi il faut refaire la topo ?




Exemple de concrétions du siphon

Le siphon dit "amont" (mais c'est pas un amont !, c'est un autre aval !


Croquis d'explo

lundi 26 avril 2010

Quand les Oules perdent la boule...

Nous sommes allés Jérémie et moi à la résurgence des Oules, à défaut de la Hérerre. Vu que nous n’avions pas de matos spéléo, nous en avons profité pour vérifier le courant d’air au Tutet du Canyon et au Tutet de Ramoun (Arthez d’Asson). Très peu de vent au Canyon, pas mal au Ramoun.

La résurgence est basse. Nous allons voir les griffons, qui sont à sec et que j'avais gratté il y a un ou deux ans. Comme nous n’avons rien à faire et que nous avions prévu de sortir des cailloux aujourd'hui, nous nous mettons à gratter le griffon qui nous semble le plus intéressant.

Au bout de quelques cailloux et galets, on entend "Plouf !" Moi, j'aime bien les " Plouf !" Nous continuons à gratter et là, on sort une superbe boule ou galets du griffon.On n’en revient pas ! On n’a pas gratté pour rien ! Cela me rappelle la boule de schiste trouvée par Paul De Bie en 2006 dans le réseau d' Anialarra.

La boule ou galet fait environ 7,5 cm de diamètre.


Jérémie et Olivier

vendredi 15 janvier 2010

Le Trou du Renard à Sainte Engrâce

La Galerie des Dunes, le collecteur Saint Vincent

Souvenez-vous, en 2007, nous avions organisé une expédition plongée dans la Galerie des Lacs d’Arphidia, plus précisément dans le réseau d’Arphidia IV. L’objectif de ces plongées était de lever quelques points d’interrogations sur le fonctionnement des lacs. Nous pensions qu’ils étaient alimentés par le dessous, et espérions trouver un passage par un réseau noyé qui se dirigerait en direction du Trou du Renard ou du Trou Souffleur d’Ehujare. Malheureusement, aucun passage n’a été trouvé, arrêt sur étroiture impénétrable par des coulées stalagmitiques. Nous savons que les Lacs d’Arphidia IV varient de niveau rapidement en fonction des crues, qu’ils ont une profondeur d’environ – 7 mètres et une longueur d’environ 150 mètres. Mais nous ne savons toujours pas comment cet énorme réservoir suspendu est alimenté.

Cette expédition plongée fond de trou a été une belle aventure par son nombre de participants. A nous tous, nous avons tout de même passé 1200 heures sous terre !

  • Le Trou du Renard :

En alternance avec les expés de la Galerie des Lacs d’Arphidia, nous avions repris en 2007 l’exploration du Trou du Renard, au niveau du Réseau Saint Vincent. L’extrême amont du collecteur Saint Vincent, le bassin siphonnant de –106, est très bien placé par rapport à Arphidia, au BT 6 et à Arrigoyéna.

Grâce à une ouverture météo, nous avons réussi à descendre dans le collecteur Saint Vincent, jusqu’à la Galerie semi-active. Mais avant de poursuivre les rééquipements, plusieurs aménagements s’imposaient, notamment le P 30 et ses étroitures à –50. La désobstruction ne sera pas facile, de par les contraintes météo, le manque de courant d’air, l’étroitesse du puits, la roche en place, mais surtout de par le siphon temporaire qui se met parfois en charge via une perte. Les passages les plus délicats seront agrandis, mais le tout reste encore étroit.


Il ne faut pas oublier que le Trou du Renard est le trou que je qualifierais comme l’un des plus dangereux du massif par ses mises en charges importantes : on sait qu’il se produit régulièrement des remontées d’eau de plus de 50 mètres, et que cette cavité est émissive lors des crues exceptionnelles !

En février 2008, le GSO a organisé une plongée dans le réseau Ravier. Celle-ci démontrera que le siphon amont du réseau Ravier se dirige bien vers le siphon aval du collecteur Saint Vincent. Seule la plongée de ce siphon prouvera humainement la jonction entre le réseau Ravier et le réseau Saint Vincent (F.Vasseur avec le soutien des Crapouillaux).

  • Exploration de Mars 2008 :

En mars 2008, après un mois de températures négatives, sans neige et sans redoux, Olivier Lacroix, Régis Lejeune et Antoine Cabotiau profitent de cette ouverture météo pour s’engager dans la Galerie semi-active pour poursuivre l’équipement et faire une reconnaissance du bassin siphonnant de –106.

Depuis 20 ans, personne ne s’était engagé dans la Galerie semi-active. Nous découvrons au fur et à mesure de notre progression les traces de mise en charge, les équipements arrachées par les crues…

Nous retrouvons des maillons et plaquettes du GSHP des années 1986 pratiquement laminés par les montées des eaux régulières. Nous équipons explo car il faut faire vite : même si la météo est clémente, le niveau d’eau n’est pas au plus bas. Arrivés à la base du Puits des Brindilles, Régis va faire un tour dans une galerie sur la gauche et trouve un passage bien marqué. Il progresse d’environ 50 m, avec un arrêt sur rien. Nous regardons la topo, cette galerie n’est pas indiquée. Les anciens auraient loupé ça ? Nous décidons d’y jeter un œil au retour, priorité pour l’instant au bassin siphonnant de –106.

Nous l’atteignons assez rapidement, mais malheureusement, il nous manque une corde pour y descendre. Le bassin siphonnant est énorme, et on a l’impression de sentir un peu de vent. Cependant, il faut se méfier du courant d’air proche des siphons…

Nous rebroussons donc chemin pour aller voir cette fameuse galerie en bas du puits des Brindilles. Notre progression est sans difficulté. Nous découvrons de belles galeries en régime noyé avec d’énormes bancs de sable. Nous apercevons des puits remontants de belles dimensions. Au bout de 150 m de progression, nous arrivons sur un ressaut d’environ 7 m, très déchiqueté. A sa base, nous trouvons plusieurs morceaux de bois coincés en force dans les cannelures du puits. Certains morceaux mesurent presque un mètre de long et sont polis par l’eau. Impressionnant !


Le bois...

Nous continuons notre progression et il faut à nouveau se mettre à l’eau. Et là, pour terminer notre découverte, nous progressons dans une magnifique conduite forcée de 3 m x 4 m, longue d’une dizaine de mètres, qui bute sur un siphon. On n’en revient pas ! Vu la taille de la galerie et du siphon, on se demande dans quoi nous sommes tombés. Harrigoyéna ? , le BT 6 ? Nous sommes fous de joie !

Nous faisons demi-tour, et remontons à la surface avec un morceau de bois.

Nous baptiserons cette nouvelle galerie, la Galerie des Dunes.

La semaine suivante, le redoux arrive. Le siphon temporaire se met en charge. Il faudra attendre un an avant de pouvoir retourner faire la topo.

La galerie des Dunes : les conduites forcées.

  • Exploration d’Aout 2009 :

En août 2009, les conditions météos sont bonnes, Olivier Lacroix et David Marque saisissent l’occasion pour faire la topo et quelques photos de la Galerie des Dunes. Nous craignons le pire au niveau des équipements en place. Les crues de fonte des neiges et de printemps ont certainement dû faire des dégâts.

Arrivés à la galerie semi-active, nos intuitions étaient bonnes. Les cordes sont dans tous les sens, certaines abimées, mais par contre le niveau d’eau est plus bas qu’en mars 2008. Nous remarquons des mises en charge de plus de 50 m. Nous topographions la Galerie des Dunes et prenons quelques photos.


Le siphon de la galerie des Dunes

Durant les mois de septembre et octobre, nous avons tenté de continuer l’exploration, mais à chaque fois la météo était vraiment incertaine. Vu la configuration de la cavité, et en particulier de la Galerie des Dunes, nous avons toujours préféré annuler nos explos. Trop dangereux.

  • Exploration Janvier 2010 :

Une vague de froid s’est installée sur Ste Engrâce. La météo annonce pour le week-end du 09 janvier des températures encore très basses. Ce sont les bonnes conditions pour aller faire un tour au Renard, ou du moins, pour tenter d’atteindre le collecteur.

L’accès au trou est rendu presque impossible par les arbres en travers du chemin, et par la neige. Ça caille !

Notre objectif, commencer les escalades de la Galerie des Dunes.

En bas du P 30, nous entendons le collecteur. Au bruit, il doit y avoir du jus. Nous atteignons le début de la galerie semi active, nous enfilons les néoprènes.

Le premier bassin est bien rempli, beaucoup plus que lors des deux raids de mars 2008 et août 2009. Idem pour le gros bassin. Nous sommes de plus en plus pessimistes... La voûte mouillante est à son maximum, les cordes en vrac. A mi-parcours, un passage bas, contre parois et coulée stalagmitique, siphonne. Du moins, il ne reste plus que 2 à 3 cm pour passer…

C’est terminé pour aujourd’hui.

Il faudra attendre, prendre patience, pour retourner dans la Galerie des Dunes.

  • Conclusion et réflexions :

Le Trou du Renard est un regard sur le collecteur St Vincent. C’est une ouverture visuelle sur cet énorme drain souterrain, mais extrêmement dangereux par ses mises en charge. Les rivières de la PSM, du Lonné Peyret, du BT 6, d’Arphidia, d’Harrigoyéna, et bien d’autres encore passent par Le Renard.

Toutes ces rivières souterraines forment le collecteur Saint Vincent qui résurge à Bentia.

L’hypothèse du « Ralentisseur » est toujours d’actualité. Nous avons tenté de l’atteindre par Arphidia, ce fut un échec, du moins, par Arphidia IV, pour l’instant.

Il devrait se situer entre l’extrême amont du Trou du Renard et l’extrême aval des rivières qui forment le collecteur St Vincent. La découverte de la Galerie des Dunes, avec un actif important, nous amène à réfléchir…

Nos objectifs d’exploration au Trou du Renard s’orientaient sur le terminus amont, le bassin siphonnant de – 106, très proche du BT 6, en direction d’Arphidia, d’Harrigoyéna et du supposé Ralentisseur. Ce gros bassin perché serait peut-être un passage vers celui-ci, en sachant que le collecteur St Vincent est plus bas, en profondeur. Nous n’avons pas pu réexplorer cette zone.

Le réseau St Vincent, au Trou du Renard, se divise pour moi en deux étages, voire trois. Un réseau semi-noyé et noyé (le collecteur Saint Vincent), un réseau que je nommerais semi-actif et semi –noyé, et peut-être un fossile. Nous avons la certitude que des mises en charge de + 50 m (voire plus) sont régulières. Celles-ci alimentent les galeries supérieures du réseau St Vincent, formant ainsi la Galerie semi- active et les siphons temporaires suspendus.

La découverte d’un actif conséquent provenant de la Galerie de Dunes, plus bas en profondeur que le réseau connu, amène à une « autre » réflexion sur les mises en charge du Renard. L’actif qui alimente la Galerie des Dunes, est considérable vu sa configuration en régime semi-noyé et noyé (les bancs de sables accumulés, les puits remontants creusés par les crues et les morceaux de bois coincés en force dans des cannelures à la base d’un P 8). Le collecteur St Vincent commence-t-il à se diviser par cette galerie ? Est-il l’actif principal des mises en charge du Trou du Renard ? Les morceaux de bois, d’où viennent-ils ?

Beaucoup de points d’interrogation à élucider, dans un réseau pratiquement inaccessible tout au long de l’année, par ses mises en charge et par sa dangerosité.

Nous avons des suppositions sur les morceaux de bois et sur le fonctionnement de la Galerie des Dunes. Dans le doute, nous n’évoquerons aucune hypothèse. Les explorations futures nous éclaireront, j’espère, sur le système…….

Olivier Lacroix